Tolérances de filetage ISO 965
CLASSES · COTES LIMITES · M1,6 → M64Longueur réellement vissée. Détermine le groupe S (court), N (normal) ou L (long). Laisser à 0 si inconnue : le groupe N est alors sous-entendu.
Lire une classe de tolérance de filetage
Une désignation complète comme M10 × 1,5 – 6H/6g se lit en trois temps : le filetage (M10, pas de 1,5 mm), la classe de l'écrou (6H) puis celle de la vis (6g), séparées par une barre oblique. Chaque classe combine un chiffre, la qualité de tolérance (la largeur de la zone : 3 à 9, où 6 est la qualité moyenne du commerce), et une lettre, la position de cette zone par rapport au profil de base. Les majuscules désignent le filetage intérieur (H, G), les minuscules l'extérieur (h, g, f, e). Contrairement à l'ISO 286, la position ne dépend que du pas, jamais du diamètre.
Pourquoi une vis 6g est plus petite que le nominal
La position g décale toute la zone de tolérance de la vis sous la ligne zéro d'un écart fondamental négatif — −32 µm au pas de 1,5, quel que soit le diamètre. Un M10 × 1,5-6g a donc un diamètre extérieur maximal de 9,968 mm et non 10,000. Ce retrait volontaire crée le jeu sur les flancs : il autorise le vissage sans grippage et laisse la place à un revêtement (un zingage courant ajoute 5 à 12 µm par flanc). Une vis 6h part exactement du nominal : jeu nul, montage précis, mais aucune tolérance de revêtement. C'est pourquoi 6H/6g est l'appairage par défaut de la boulonnerie et 6H/6h celui des montages de précision.
Deux classes accolées : 5g6g
Quand deux couples chiffre-lettre se suivent, le premier concerne le diamètre sur flancs et le second le diamètre au sommet. Ainsi 5g6g = flancs en 5g (serré), sommet en 6g (courant) : on resserre là où l'ajustement se joue réellement — sur les flancs, seule surface qui porte — sans payer une précision inutile sur le sommet du filet. Si les deux classes sont identiques, on n'écrit le symbole qu'une fois : 6g vaut pour les deux.
Hypothèses et limites
Ce calculateur ne calcule pas : il lit les tables normatives de l'ISO 965-1 (écarts fondamentaux, puis tolérances TD1, TD2, Td, Td2). C'est volontaire — les formules publiées dans la norme ne sont qu'approximatives et ne reproduisent pas ses propres tables, de sorte qu'un calculateur qui les applique se trompe de quelques microns. Les combinaisons non définies par la norme (recouvrement insuffisant aux petits pas) sont refusées explicitement plutôt qu'extrapolées. Non couvert : le contrôle du pas, du demi-angle de flanc et du diamètre sur flancs effectif (calibres ISO 1502), les filetages à plusieurs filets (tolérance sur flancs élargie), la galvanisation à chaud (ISO 965-4/-5) et les filetages de construction (ISO 965-3).
Sources, normes et références
Normes : ISO 965-1 (principes et données fondamentales, tableaux des écarts fondamentaux et des tolérances), ISO 724 (dimensions de base), ISO 68-1 (profil de base), ISO 261 (diamètres et pas), ISO 1502 (calibres de contrôle)
Hypothèses du modèle : Filetages métriques ISO à un filet, profil à 60°, valeurs avant revêtement, Ø nominal de 1,6 à 64 mm
Domaine de validité : Boulonnerie et taraudages d'usage général ; hors filetages de construction, galvanisés à chaud et à plusieurs filets
Vérification : Tables recoupées entre le texte de l'ISO 965-1 et une transcription indépendante (concordance des 24 lignes du tableau des écarts fondamentaux), puis validées numériquement : reconstitution exacte des cotes limites de 7 filetages du commerce (M6 à M20, pas gros et fins, classes 6H/6g et 5g6g). Éditeur : MECATOOLBOX — Mentions légales.
Guide — Tolérances de filetage ISO 965
À quoi sert une classe de tolérance de filetage
Un filet ne peut pas être fabriqué à la cote exacte : le taraud s'use, le roulage disperse, la matière revient élastiquement. La classe de tolérance organise cette réalité en fixant, pour chaque diamètre du filetage, où se situe sa zone de tolérance et quelle largeur elle a. C'est ce qui garantit qu'un écrou pris au hasard dans un bac se visse sur une vis prise dans un autre bac, sans appairage ni retouche — l'interchangeabilité, la raison d'être du système.
Les quatre diamètres en jeu
- d (vis) et D (écrou) : le diamètre au sommet du filet, celui qui donne son nom au filetage (le 10 de M10).
- d2 et D2 : le diamètre sur flancs, à mi-hauteur du filet. C'est le diamètre fonctionnel : c'est là que la vis et l'écrou portent réellement l'un sur l'autre, donc là que se joue l'ajustement et que passe l'effort.
- d1 et D1 : le diamètre au fond du filet. D1 est celui que donne le foret de perçage avant taraudage.
La norme tolérance le sommet et les flancs, mais pas le fond du filet de la vis (d1) : il est libre, borné seulement par la condition de ne pas transgresser le profil de base.
Choisir sa classe
La norme classe les qualités en trois familles selon la qualité de tolérance : fine (3, 4, 5) pour l'instrumentation et l'aéronautique, moyenne (6) pour la mécanique générale et la boulonnerie du commerce, grossière (7, 8, 9) quand la fabrication est difficile — barres laminées à chaud, taraudage de trous borgnes profonds. En pratique :
- 6H/6g — le défaut. Aucune classe sur le plan signifie exactement ça (pour M1,6 et au-dessus).
- 6H/6h — précision, jeu nul, aucune tolérance de revêtement.
- 6H/6e ou 6H/6f — revêtements épais, montage facile.
- 6G/6h — jeu porté côté écrou, utile quand c'est le taraudage qui est revêtu.
- 7H/8g — fabrication difficile, tolérances larges assumées.
La longueur en prise change les tolérances
Plus le filetage est long, plus les défauts de pas cumulés d'un bout à l'autre sont importants — un écart de pas minuscule multiplié par vingt filets finit par bloquer le vissage. La norme en tient compte avec trois groupes : S (court), N (normal) et L (long), dont les bornes dépendent du diamètre et du pas. Un filetage long tolère une qualité plus grossière, un filetage court impose l'inverse. Si la longueur en prise est inconnue, on retient N par convention — c'est ce que sous-entend une désignation sans suffixe.
Le piège du revêtement
Les tolérances s'appliquent avant revêtement, sauf mention contraire ; après traitement, le profil réel ne doit pas transgresser les limites de la position h (vis) ou H (écrou). C'est la cause la plus fréquente de vis qui ne rentrent plus après zingage : la pièce était conforme en 6g avant, mais le dépôt a mangé le jeu. Un zingage courant ajoute de l'ordre de 5 à 12 µm par flanc ; au-delà, il faut choisir en amont une position plus dégagée (6e, 6f) ou desserrer côté écrou (6G, 7G). Pour la galvanisation à chaud, dont les épaisseurs sont bien supérieures, la norme prévoit deux parties dédiées (ISO 965-4 et -5).
Questions fréquentes
Pourquoi ce calculateur lit-il des tables au lieu d'appliquer les formules ?
Parce que les formules de l'ISO 965-1 sont des approximations qui ne reproduisent pas les tables de la norme elle-même. Exemple vérifiable : la tolérance TD1 de qualité 6 vaut 230 µm par la formule au pas de 1 mm, et la table donne 236 ; au pas de 1,5 la formule donne 305,5 et la table 300. Aucune règle d'arrondi unique ne réconcilie les deux. Un calculateur qui applique les formules se trompe donc de quelques microns — assez pour mettre une cote fausse sur un plan.
Pourquoi certaines combinaisons sont-elles refusées ?
La norme ne définit pas toutes les cases : aux petits pas, les qualités grossières donneraient un recouvrement de filet insuffisant, ou une tolérance sur flancs supérieure à celle du sommet. Ces valeurs sont volontairement absentes des tables. Plutôt que d'extrapoler, cet outil le signale.
Ce calcul suffit-il à valider un filetage ?
Non. Il donne les cotes limites des diamètres, mais la conformité d'un filetage intègre aussi le pas et le demi-angle de flanc, dont les écarts se compensent via le diamètre sur flancs effectif. En production, c'est le calibre à limites (ISO 1502) qui tranche : le tampon ENTRE doit passer, le tampon N'ENTRE PAS doit être arrêté.