Flambement
STABILITÉ DES PIÈCES COMPRIMÉES ÉLANCÉESDans le doute sur la qualité réelle d'un encastrement, prenez la valeur de k la plus défavorable (la plus grande) : un encastrement imparfait se comporte comme une rotule.
Le flambement est un phénomène brutal et sensible aux défauts (rectitude, excentration de charge) : s = 3 à 5 est courant, contre 1,5 à 2 en résistance simple.
Le flambement, une instabilité — pas une rupture
Une pièce élancée comprimée ne casse pas par écrasement : elle fléchit brutalement de côté dès que la charge atteint la valeur critique, bien avant que la contrainte de compression n'atteigne la limite élastique. C'est une instabilité géométrique : au-delà de la charge critique, la position droite devient instable et la moindre imperfection amorce la flexion. La charge critique d'Euler vaut :
Elle ne dépend pas de la résistance du matériau (Re n'y figure pas) mais de sa rigidité E et de l'inertie de la section : contre le flambement, on ajoute de l'inertie (tube, profilé) ou des appuis intermédiaires, pas de la nuance d'acier.
Élancement et domaines de calcul
L'élancement λ = Lk/i (avec i = √(Imin/A) le rayon de giration) mesure la sensibilité au flambement, et se compare à l'élancement critique λc = π·√(E/Re) — environ 94 pour le S235, 76 pour le S355. Trois domaines :
La formule de Rankine est une interpolation empirique pour la zone intermédiaire, où plasticité et instabilité interagissent. Au-delà de λ ≈ 200, la pièce est si sensible qu'on modifie généralement la conception plutôt que de justifier par le calcul.
Le rôle des liaisons
Les conditions d'appui changent la charge critique dans un rapport de 1 à 16 : une pièce encastrée-libre (k = 2, mât, vérin en bout de course) supporte 16 fois moins qu'une pièce bi-encastrée (k = 0,5) de même section. D'où l'importance d'être honnête sur la qualité des encastrements réels : une liaison boulonnée souple se rapproche plus d'une rotule que d'un encastrement.
Hypothèses et limites
Flambement par flexion dans le plan de plus faible inertie uniquement. Non couverts : déversement des poutres fléchies, voilement des parois minces, flambement en torsion des sections ouvertes, effets dynamiques. Pour les structures de charpente, l'Eurocode 3 impose des courbes de flambement (imperfections normalisées) plus complètes que ce calcul de prédimensionnement.